Discours de R J à la mise en place du conseil municipal
Mesdames, Messieurs,
Je voudrais tout d’abord vous féliciter tous, quelque soit votre appartenance politique. Je me réjoui de la progression de la gauche dans notre ville. Je salue également l’entrée au conseil municipal du Modem. Je note, non sans un certain plaisir, que la liste UMP recule de cinq point et qu’elle obtient moins de 38% des inscrits. Par contre je me désole du taux d’abstention qui dépasse les 45%. Nous n’avons pas su, et quand je dis nous, je parle de toutes les tendances ici présentes, convaincre nos concitoyens de l’importance de ces élections. Nous savons tous que l’abstention, dans notre ville, pénalise en premier lieu la gauche.
M. DALLIER, vous vous plaignez de notre comportement, ou plutôt de nos écrits, pendant la campagne. Vous vous offusquez de nos attaques. Je vous répondrais que c’est le propre de la politique. Vous, qui vous prétendez aguerri, ne devriez pas avoir peur d’être bousculé ou contredit. Il est vrai que jusqu’à présent vos adversaires étaient plutôt discrets et lorsqu’ils s’opposaient à vous c’était du bout des lèvres. La politique est un affrontement d’idées, de conceptions et d’idéaux. Si nous partagions les mêmes, nous ne nous serions pas présentés contre vous. Nous sommes dans un pays démocratique et les Pavillons-sous-Bois ne sont pas une enclave autocratique, cela ne vous en déplaise.
Vous nous accusiez de malhonnêteté, moi je vous accuse de mentir, de mentir sans vergogne ou alors de perdre la mémoire. En effet je le répète ici, devant vous tous, le Parti Socialiste des Pavillons-sous-Bois avait appelé à voter pour le “Livre Blanc”. Nous ne nous sommes jamais opposés à la vidéosurveillance. Nous étions présents lors des réunions publiques. Mais il y a plus grave, dans votre bilan, vous vous êtes approprié de nombreux projets de la municipalité qui vous a précédée, et je ne citerai qu’un exemple: la ZAC. La ZAC où vous avez supprimé plusieurs milliers de mètres carrés de logements sociaux.
Justement, en parlant de logements sociaux, vous n’avez rien fait pour que notre ville respecte la loi SRU. Que ferez-vous demain si le SDRIF est voté en l’état ? Que ferez-vous si le Conseil Général, comme il en a l’intention imite la Région ? Que ferez vous lorsque les subventions que vous êtes si fier de percevoir auront été réduites à peau de chagrin ? Que ferez-vous alors ? Je vous entends déjà honnir les socialistes, leur rejetant l’entière responsabilité. Et vous oublierez que depuis huit ans vous êtes hors-la-loi et que vous contraignez notre commune à payer plus de 100 000 euros d’amende par an.
Comme vous l’avez sûrement compris, et à l’inverse de ceux qui occupaient notre place auparavant, nous n’approuverons pas docilement vos décisions. Mais au delà de l’opposition, j’appelle la majorité à sortir de son servage ou de sa béate contemplation car c’est aussi son devoir d’avoir un avis et de l’exprimer. Cela n’est pas nuisible, bien au contraire vous aideriez votre Maire en le conseillant plus justement.
Nous vous engageons à publier des comptes rendus les plus complets possible des conseils municipaux afin que tous les Pavillonnais sachent ce qu’il s’y dit. Ils auraient su ainsi, par exemple, que vous prétendiez assumer la construction du nouveau gymnase en dehors de toute norme environnementale. Mais en vérité, vous n’assumez, sur ce sujet pas grand chose puisque se seront nos enfants ou nous petits enfants qui devront en supporter les conséquences. Et ce n’est pas le seul domaine où vous faites preuve d’incurie.
Durant toute la campagne, vous n’avez pas affiché votre étiquette politique. Est-elle pour vous douloureuse ou honteuse ? Tel les héros cornéliens, vous sembliez déchiré, mais là où ils choisissent l’honneur, vous préférez vous défiler. Ayez au moins le courage de vos actes et de vos opinions. L’homme que vous êtes au Sénat n’est pas différent que celui qui est devant nous aujourd’hui. Les lois que vous votez au parlement reflètent aussi ce que vous êtes : un homme résolument de droite et conservateur. C’est également pour ces raisons que nous vous combattrons lorsque que cela sera nécessaire. Encore une fois, ne comptez pas sur nous pour rester silencieux. Mais à l’inverse, si parmi vous futures décisions, certaines sont justes, équitables et profitables aux Pavillonnais, nous seront les premiers à les soutenir.
C’est dans cette optique que nos suivrons avec vigilance le respect du contrat que vous avez proposé et qui a été ratifié par les urnes. Mais au delà de vos propositions, nous défendrons nos valeurs. Un quart des votants a fait confiance à la gauche pour porter des principes qui leur sont chers. Nous seront donc intrangisant dans les domaines du logement, de la santé, de l’éducation, de la culture, de la sécurité et de l’environnement. Domaines dans lesquels il reste encore beaucoup à faire et ou vous vous êtes également engagé. Vous avez fait plus de 80 promesses, ce qui est en soit fort louable, mais nous seront là pour avertir les Pavillonnais de vos avancements. Nous ne voulons pas qu’aux prochaines élections, une fois de plus, votre contrat ne soit pas honoré sans que les gens le sachent. Vous vous prétendiez chiraquien mais appliquer sa maxime “les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent” n’est pas forcement le meilleur exemple à suivre.
Je le répète une dernière fois, nous voulons être une opposition présente et constructive. Nous ne nous opposerons pas par dogmatisme, même si c’est une notion qui vous est chère mais que malheureusement vous maitrisez mal. Nous contesterons vos choix chaque fois que cela s’imposera.
Mesdames, Messieurs, merci.